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La Revue de l’Au-Delà nº17 – Septembre 1998 L'OASIS d'Abidjan Entretien entre Etienne Drapeau et Line de Courssou |
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Femme de diplomate, son mari était ambassadeur voici encore quelques mois, Line de Courssou a beaucoup voyagé, beaucoup vu et beaucoup donné. Dans les pays où elle a vécu - Cambodge, Côte d’Ivoire, Chili, Éthiopie, etc, elle a été confrontée souvent à la misère. Son amour des enfants, son tempérament énergique, confortés par la compréhension et le soutien de son mari, lui ont permis de participer à cette grande mission humanitaire où hommes et femmes travaillent sans nul souci de race ou de religion, mais avec la seule volonté de bien faire, d’être efficace, en un mot d’aider. À Abidjan (Côte d’ivoire), elle est à l’origine de l’Oasis, qui reçoit des bébés et des enfants sidéens hospitalisés ainsi que leurs parents. Chaque samedi, 700 familles parmi les plus nécessiteuses, ce qui représente environ 7000 personnes, y reçoivent des vivres pour la semaine ! Un peu plus loin, elle a fait construire la Maison de Christopher où une vingtaine d’enfants vivent dans un cadre familial. D’autres projets ont vu le jour grâce à celle qu’une journaliste a appelé avec quelque vérité, sans doute, « l’ouragan de Courssou ». Un Centre de la promotion féminine a été ainsi créé offrant des cours d’alphabétisation et de formation contre le sida. Dans le même quartier, on trouve aussi, tenus par les Salésiens, le village de Marie-Dominique et le village Dom Bosco qui reçoivent le premier des filles l’autre des garçons des enfants de la rue qui sont instruits et formés à un métier. En suivant son mari dans ses différents postes à travers le monde, Line de Courssou s’est efforcée d’agir et de mobiliser les énergies dans un combat sans fin contre la misère, l’ignorance mais aussi les affreuses tragédies causées par la guerre. Elle a travaillé activement à l’adoption des orphelins handicapés, en particulier ceux du Cambodge. Il n’était pas possible au cours de cet entretien d’évoquer toutes ces luttes - il faudrait y consacrer plutôt un livre. Elle a raconté seulement quelques bribes de ses souvenirs concernant la Côte d’ivoire et le Cambodge. Certains événements, ne manqueront pas de surprendre. Encore qu’ils prennent dans sa bouche un caractère logique, compte tenu de leur contexte : une aide souvent nécessaire, parfois indispensable lui a été apportée, qui relève d’un merveilleux hasard pour certains, du merveilleux tout simplement pour d’autres, « d’une grande chaîne d’amour » pour elle. Esprit curieux de tout, il lui est arrivé aussi, on ne s’en étonnera pas, de réunir parapsychologues, médiums, chercheurs, médecins pour discuter ensemble dans un véritable climat d’échange. Science et croyance s’épaulent alors, au plus grand profit de l’image qui se dessine d’un homme au potentiel surprenant. Coeur et Esprit, on le voit, se rejoignent en Line de Courssou dont la devise est: « Nul ne s’est jamais perdu dans le droit chemin. » (Goethe). Le sien visite, depuis longtemps, de nombreux pays. Vous êtes sur cette photo avec Mère Teresa. Dans quelles conditions avez-vous été amenée à rencontrer les petites soeurs de la Charité? C’était en 1991. Mon mari venait d’être nommé consul général à Abidjan. Je lui avais promis de ne plus m’engager, de me consacrer exclusivement à notre vie de famille - nous avons six enfants : trois de mon premier mariage et trois que nous avons adoptés. Mais, alors que je circulais en voiture près de la lagune à Abidjan, j’ai aperçu, un jour, deux petites soeurs de mère Teresa dont j’ignorais la présence en Côte d’ivoire. Une heure après quand je revins à passer â cet endroit, je constatais que les petites soeurs n’avaient pas bougé, bien qu’étant en plein soleil. Cela me parut curieux. Au même moment je ressentis comme un léger coup sur l’épaule et j’entendis dans ma tête : « Tu n’as pas compris? » Aussitôt je réagis et me dis qu’il n’était pas question d’un nouvel engagement, que j’avais promis... Cela fit rire mon interlocuteur invisible et... ma voiture s’arrêta devant les petites soeurs. Je m’enquis si je pouvais les aider et l’une d’elles, la soeur Shalom, m’expliqua qu’elles attendaient un taxi mais qu’aucun ne s’arrêtait! ... Je leur proposai de les emmener et elles me guidèrent vers Port Boué, non loin de l’aéroport. Sitôt rendues, elles me montrèrent leurs installations. Elles m’expliquèrent qu’elles y vivaient depuis 5 ans et qu’elles cherchaient un terrain, mais que personne ne voulait les aider. Sensible à « l’avertissement » que je venais de recevoir, je pensais qu’il fallait que je leur apporte mon soutien. Elles me firent visiter leurs trois petites maisons dévolues à l’hébergement des enfants, aux soins et à leur propre logement. Les enfants étaient malades du sida ou handicapés et je ressentais déjà un grand désir de les aider. Elles me présentèrent leurs documents puis me firent découvrir le terrain qu’elles convoitaient, un terrain malheureusement mal situé mais le seul qu’elles aient pu trouver. Malgré diverses démarches, je ne réussis pas à faire avancer le projet et je réalisai que d’habitude les anges (les guides) m’aidaient. J’en conclus qu’il fallait trouver un autre terrain. En recherchant un peu plus loin, sur Koumassi, je découvris, après plusieurs semaines de recherche, un terrain de 6000 m2 sur lequel devait s’implanter une école mais dont les travaux étaient arrêtés. Après de nombreuses visites, la propriétaire accepta de nous le vendre. Les soeurs hésitaient sur l’importance à donner au projet et sur la manière de le financer. C’est alors que mon mari et moi avons décidé de faire un voyage en lnde. L’envie de voir Mère Teresa et ce qu’elle avait fait me poussait à la rencontrer. J’avais une lettre d’introduction de soeur Camillus, responsable de l’Afrique de l’Ouest. Il fallait en profiter. Comment la rencontre s’est-elle déroulée et quel souvenir en gardez-vous? Après avoir pris connaissance de ma lettre d’introduction, mère Teresa me rassura très vite sur notre projet. Notre échange a été malheureusement assez court; elle ne parlant pas le français et moi ne parlant pas l’anglais, mon mari a servi d’interprète. J’ai discuté surtout après avec la soeur conseillère. C’est alors que j’étreignis Mère Teresa spontanément et que les petites soeurs l’incitèrent à se laisser photographier, malgré ses réticences; mon mari prit le cliché pour ainsi dire au jugé. Mère Teresa m’avait remerciée surtout de ce que je faisais à Abidjan pour ses soeurs et les pauvres gens de là-bas. Elle me dit qu’elle était bien consciente que les deux petites soeurs n’arrivaient pas à progresser depuis 5 ans, mais qu’elles avaient tellement prié que je leur avais été envoyée pour les aider. Elle s’est retournée alors vers mon mari pour lui demander ce qu’il faisait. Il lui a répondu qu’il était « le chauffeur de l’instrument » ! Il faisait référence à notre conversation où j’avais dit à soeur Teresa n’être qu’un simple instrument. L’expression a dû lui plaire car elle en a parlé aux soeurs d’Abidjan qui ont composé une petite chanson sur ce thème, mon mari étant obligé souvent de me convoyer, les routes n’étant pas très sûres. En quoi consistait précisément le projet? Il faut savoir d’abord que cette ville qui est un lieu de passage par son port et un trafic routier important, abrite une des plus fortes concentrations de sidéens en Afrique de l’Ouest. Il fallait donc créer un hôpital pour enfants handicapés mais surtout sidéens, soit 50 lits d’enfants plus 30 lits pour des mourants adultes. Car le processus est connu. Le sidéen tombe malade un jour. Il perd son travail et finit par mourir dans la rue, la famille ne pouvant plus lui apporter une grande aide. Et ce d’autant plus que très rapidement les gens ont su que les sidéens étaient tuberculeux et qu’ils pouvaient contaminer toute leur famille. Comment s’est réalisé le projet? Dès le début j’ai eu une idée assez précise des bâtiments que nous allions construire. Nous avons eu la chance de rencontrer Mr Serey-Eiffel, directeur d’une grande entreprise du BTP (Bâtiments-Travaux Publics) qui disposait d’une infrastructure efficace. Il a accepté de faire les travaux, bien que nous ne rentrions pas, on s’en doute, dans les critères de ses clients habituels. Il a fallu, dès lors, remuer tout le monde, architecte, entrepreneurs pour réaliser notre projet. Mais en un an l’Oasis - c’est son nom - a été construite. Chaque mois, d’ailleurs, les paiements arrivaient de Calcutta avec une grande ponctualité. Une fois la construction achevée, il a fallu l’aménager. Je suis donc revenue en France pour obtenir du matériel. J’ai rempli un container avec tout ce que j’ai pu obtenir et notamment des lits que nous avons rénovés et peints en blanc. Certains problèmes ont été réglés d’une façon tout à fait inopinée! La femme du Consul général est astreinte à une certaine représentativité et, un soir, mon mari m’a demandé d’assister à un cocktail. Bien que n’ayant pas envie de m’y rendre, je m’en suis fait un devoir en tant qu’épouse, non sans dire à ma petite Vierge avant de partir, en lui faisant un clin d’oeil : « Tu vas bien me faire un petit miracle », sans savoir vraiment pourquoi je faisais cette demande, ne pensant à rien de précis. L’accueil chaleureux de la colonie française m’a fait oublier mes réticences d’autant que l’on m’interrogeait sur l’évolution du chantier de l’Oasis. J’ai parlé des lits que nous étions en train de repeindre, n’ayant plus beaucoup d’argent, tout en déplorant un nouveau problème difficile à régler : celui des matelas. À ce moment, un invité qui était derrière moi intervint et me dit: « Ne cherchez plus, je vous les envoie. » Il s’agissait d’un Africain, propriétaire d’une usine de matelas et de plantations de caoutchouc. Non seulement la centaine de lits à pourvoir ne l’a pas fait reculer mais il a été d’accord immédiatement pour ajuster en plus les matelas aux lits qui étaient tous de tailles différentes... Quand il a vu plus tard l’hôpital, il a eu du mal à croire qu’il avait été construit en un an et, enthousiasmé, a décidé de nous offrir aussi les housses en plastique allant avec chaque matelas. Un véritable miracle pour moi! L’hôpital a dû se remplir rapidement? Très vite, après son ouverture, tous les lits de l’hôpital ont été pleins. À cette époque les sidéens dont nous nous occupions, étaient soignés puis ils repartaient remis sur pied, ayant repris du poids. Souvent, toutefois, ils revenaient: leurs conditions de vie trop précaires ne leur permettant pas de se soigner comme il faut. Maintenant, ils sont tellement nombreux qu’ils arrivent de plus en plus tard et que beaucoup décèdent rapidement. Quand j’évoque cette époque, je ne peux m’empêcher de penser à Adama, une maman de 5 enfants, sidéenne. Elle était si décharnée, qu’elle ne pouvait s’asseoir... Mais malgré son état, elle avait toujours le sourire et on riait avec elle tout le temps. Je me confie à elle souvent encore aujourd’hui, car c’était une belle et grande âme. Dans l’histoire si émouvante d’Oasis, il faut parler aussi d’une certaine cloche... Mon mari me disait souvent que le bidonville dans lequel l’Oasis était implantée - d’où l’origine de son nom, posait un problème. Et, d’ailleurs, à Calcutta, mère Teresa avait bien insisté sur la sécurité des soeurs, répétant qu’il ne fallait pas économiser sur ce poste, l’ordre ayant eu déjà des déboires dans certains endroits. Mon mari qui m’avait parlé d’installer une sirène me suggéra devant mes réticences, d’utiliser une cloche. Il suffit de convenir, disait-il, que, s’il se présente un danger pour les petites soeurs, on utilisera ce moyen pour avertir tout le monde. Mais encore fallait-il en trouver une! Où? Nous n’en avions aucune idée. Quelques jours plus tard, un dimanche, alors qu’il m’accompagnait sur le chantier, je remarquai un Blanc en visite. Je le questionnai sur sa présence et il me répondit que, responsable de la ferronnerie, il venait vérifier l’avancement des travaux suivis par son adjoint. À cet instant, je ressentis un petit coup à l’épaule et j’entendis « Demande-lui donc une cloche ! » Croyant que c’était mon mari qui parlait, je me retournai vers lui et lui dis « Une cloche ? » et l’instant d’après je m’entendis demander à l’entrepreneur: « Vous n’auriez pas une cloche, par hasard? » il me répondit sur le champ qu’il pourrait sans doute m’en apporter une le lendemain, et nous nous regardâmes tous étonnés par la tournure étrange que venait tout à coup de prendre notre dialogue. À mon arrivée, le lendemain, les soeurs m’accueillirent avec de grands cris: la cloche avait déjà été livrée. Elle avait été récupérée par cet entrepreneur sur un bateau, voici fort longtemps... Parmi les diverses activités que vous avez été amenée à avoir un peu partout à travers le monde, pourriez-vous évoquer le problème des adoptions quand vous étiez notamment au Cambodge? Je me suis occupée d’adoptions dans tous les pays. Quand je vois des petits enfants malheureux, je ne peux pas m’empêcher d’essayer de faire quelque chose pour eux qui sont sans moyens. Il ne s’agit pas de beaux bébés en pleine santé qui, eux, peuvent trouver facilement des parents adoptifs. Non, il s’agit de bébés orphelins et handicapés ayant un bec de lièvre ou un pied bot ou encore un doigt en moins; ou aussi des bébés traumatisés par la guerre, comme les 150 petits Cambodgiens que, à Noël 1979, j’ai réussi à ramener en France. Pour cela, j’étais en contact avec les associations françaises qui recherchaient des enfants à adopter. Il fallait évidemment respecter toutes sortes de contraintes juridiques, ces adoptions se faisant sous le contrôle de la DAS. Un de mes soucis était de trouver le meilleur placement pour chaque enfant en fonction de son handicap dont les parents, bien sûr, étaient informés dès les premiers contacts. Et là je dois dire que j’ai eu bien souvent d’heureuses surprises. Surprises attendues, car je demandais constamment l’aide de mes anges, voulant savoir si mes choix étaient bons. C’est ainsi que l’enfant à qui il manquait un pouce trouvait une mère adoptive dont la grand-mère avait eu aussi un pouce en moins; le bébé aux jambes décharnées trouvait un père aux cuisses maigres ravi de leur ressemblance; la petite fille qui avait deux paires de seins trouvait une maman comme elle, heureuse de découvrir sur l’enfant ce qu’elle appelait « une marque de famille », etc. Ce ne pouvait pas être des hasards si fréquemment... Pour moi il s’agissait de signes montrant que mes choix étaient justes et un encouragement à continuer cette tâche. Votre action en faveur des petits cambodgiens a pour origine le voyage que vous aviez entrepris en Thaïlande! Oui, mon mari souhaitait que nous adoptions deux petites filles, moi-même ayant déjà trois garçons de mon premier mariage. En Thaïlande, où j’étais arrivée avec une amie célibataire qui voulait adopter un garçon, nous avons appris que nous ne remplissions plus une nouvelle condition : être marié sans enfant, alors que nous avions trouvé déjà les trois petits bébés... À l’ambassade, j’ai fait connaissance d’un journaliste du journal “Le Monde” qui m’a rappelée quelques jours plus tard. Il se trouvait dans les camps de réfugiés cambodgiens où, disait-il, c’était l’horreur. Il réclamait notre aide. Nous sommes parties immédiatement avec d’autres femmes et nous avons rejoint les camps de la frontière en voiture en vue d’y rester une journée. J’y suis restée trois mois. Mon mari, prévenu par fax, a fait dire que lui n’avait besoin de rien et qu’il fallait me laisser faire ce que je pensais devoir faire, car rien n’y changerait, mais que je ne revienne pas sans les enfants. Au bout de quelque temps, à l’intérieur du camp de Sakéo (40.000 personnes), j’avais ouvert un orphelinat abritant 600 mineurs isolés sous des tentes. Je me débrouillais pour la nourriture avec le Secours catholique, les ambassades et recevais une aide de la Croix Rouge Internationale. Nous avons subi aussi un typhon qui a dévasté le camp et qui m’a fait douter de l’existence de Dieu. À Noël 1979, j’ai pu ramener en France 150 enfants en deux voyages. Je suis retourné là-bas à plusieurs reprises. Finalement, j’ai pu faire adopter ou parrainer ces 150 enfants. Et mon mari s’est retrouvé avec un garçon et une petite fille, frère et soeur, la petite étant dans un état désespéré quand elle est arrivée au camp. Vous parliez à l’instant d’une voix que vous aviez entendue... Pouvez-vous nous expliquer... Je ne sais trop comment vous répondre... Il m’est arrivé plusieurs fois d’entendre une voix. Mais, à vrai dire, je ne sais pas très bien comment je l’entends. Ce que je peux préciser est que cette manifestation survient alors que je ne m’y attends pas ou parfois quand je me pose des questions à propos de ce que j’entreprends. Ce n’est pas très facile pour moi à expliquer, en revanche il est certain que c’est parfois un peu dérangeant, car on s’interroge évidemment... Une fois cependant, j’ai entendu très nettement mon père intervenir et j’ai répété exactement à mes interlocuteurs ce que j’avais entendu en expliquant: « Papa a dit que... » Ils ont été un peu surpris évidemment... Avez-vous eu d’autres signes? Depuis notre retour en France, j’ai eu récemment une synchronicité. J’avais un peu de vague à l’âme, me sentant confinée dans mon appartement et pour tout dire l’action me manquait... Ce jour-là, ayant été amenée à faire visiter à deux Anglais l’appartement voisin appartenant à une amie en voyage, je me suis enquise au téléphone près de sa mère - elle est âgée de 92 ans - de quelle façon je pourrais la contacter. Et j’ai trouvé une femme éplorée, ne sachant pas où se trouvait sa fille et qui était folle d’inquiétude, celle-ci ne lui ayant pas donné signe de vie, disait-elle, depuis plusieurs jours, contrairement à ses habitudes. J’ai donc repris, si je puis dire, le relais de sa fille. Plusieurs coups de téléphone par jour, comme fait mon amie, ont réussi finalement à la rasséréner. Mais il est bien évident que je ne l’aurais jamais appelée, s’il n’y avait eu cette visite inopinée ne pouvant imaginer qu’elle pouvait se trouver dans une telle détresse. Chose curieuse, les deux Anglais n’ont plus jamais donné signe de vie pour l’appartement. Et ce qui m’a beaucoup étonné est que, lorsqu’ils sont partis, ils m’ont tant remercié de ma gentillesse, que sur le coup j’en ai même nourri quelque soupçon à leur égard. Pour ma part, ma conviction est que les deux fils décédés de la mère de mon amie sont intervenus et qu’ils m’ont envoyé ces deux Anglais pour aider leur maman. Il vous est arrivé, une fois aussi, d’avoir un apport... Oui, cela s’est passé ici dans mon bureau. Je téléphonais à une amie et je jouais machinale ment avec un élastique quand j’ai senti quelque chose qui me grattait dans la main. J’ai ouvert les doigts et j’ai vu un petit éléphant en métal, d’environ deux centimètres, la trompe relevée. J’ai fait ma petite enquête dans la maison pour savoir si quelqu’un avait déjà vu cet éléphant, mais sans succès. Ceci m’a amené à réfléchir car j’ai une passion pour les objets en ivoire. Quand mon mari a été nommé en Côte d’ivoire, j’ai alors fait le rapprochement : c’était donc un signe! De ce fait, avant de rencontrer les petites soeurs, j’ai pensé déjà qu’il me serait bien difficile de tenir ma promesse de ne plus m’occuper de rien. Maintenant, comment continuez-vous à aider l’Oasis? Je démarche des sociétés pour avoir des containers de marchandises. Bientôt un envoi va partir avec une machine à coudre industrielle, des draps et toutes sortes de choses que l’on me donne, que je demande autour de moi. J’ai un projet aussi de bandes dessinées où je voudrais raconter toute l’histoire de l’Oasis. Cela permettra, peut-être, de récolter de l’argent pour soutenir ses activités. Je rêve peut-être. Mais j’ai tellement rêvé dans ma vie et vu tant de choses se réaliser que, malgré mes 70 ans, je reste encore remplie d’espoir! Avez-vous un message à transmettre au lecteur? Si vous voulez trouver le bonheur, il n’y a pas trente-six solutions. Il n’y en a qu’une qui vous fera oublier tous vos ennuis, tous vos tracas, si vous croyez en avoir, c’est d’aider les autres. N’attendez aucun remerciement. La récompense vous la trouverez dans le travail accompli. C’est là le vrai bonheur. |
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